mardi 20 juin 2017

les hommes sont des vases

« Il réfléchit à tout ce qui lui avait été dit. C'était terrible, mais il en avait eu plus qu'il n'en avait eu jusque-là. Ça lui paraissait étranger, comme s'il avait écouté l'histoire d'un autre. L'homme squelettique qui dormait devant lui semblait n'avoir rien de commun avec l'homme qui avait évolué dans l'histoire qu'il avait racontée. Il se demanda comment le temps agissait sur un être. Il se demanda à quoi il ressemblerait dans quelques années et quel effet cette histoire aurait sur lui. Il espérait qu'elle aurait comblé le vide en lui, mais tout ce qu'il ressentait c'était la vacuité et la peur qu'il n'y ait rien pour combler cette béance. »


C'est un extrait de Les Etoiles s'éteignent à l'aube, le premier roman traduit en français (par Christine Raguet) et publié aux éditions Zoé de Richard Wagamese, dont il n'est peut-être pas inutile de préciser qu'il appartient à la nation ojibwé. Je dis ça, je n'y crois pas une seconde. La littérature n'a pas de nation, de nationalité, de pays ; elle est toujours étrangère, et universelle en même temps. Elle nous dit, la littérature, elle nous dit ici que les hommes sont des vases, des récipients, qu'il faut vider à un moment pour qu'ils puissent continuer ou finir en paix, vider et transvaser dans d'autres, pour que ceux-là gagnent un temps le poids qui leur permettra d'arpenter le monde. Et le contenu, ce qu'il faut transvaser d'un homme à un autre, c'est une histoire.

lundi 19 juin 2017

l'odeur des tiges de kukicha

au moment de les jeter
sens une dernière fois
l'odeur des tiges de kukicha

encore imbibées d'eau

dimanche 11 juin 2017

scrutons quand même

Certains organes de presse considérant sans doute qu'il y a quelque chose de vaguement négatif à informer se débarrassent de cet oiseux préfixe et préfèrent tout compte fait former les esprits.

mercredi 7 juin 2017

Elise et Lise à Chevreuse

Samedi 10 juin à 21 heures, Elise et Lise et moi sommes les invités de la Librairie Les Racines du Vent, 66 rue de la Division Leclerc à Chevreuse, et c'est à Pascale Petit qu'incombera la lourde tâche de me faire parler.  

mardi 6 juin 2017

Pour la préservation de la Sarigue rambolitaine


A Rambouillet, si tu n'habites pas en centre-ville, tu n'as pas besoin de lire.
Cliquez donc sur le lien, et n'hésitez pas à signer la pétition, pour défendre la Sarigue, bibliothèque de quartier.



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lundi 5 juin 2017

pas un scoop

Le conformisme social est naturel aux espèces grégaires et ce n'est pas une bonne nouvelle.

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dimanche 4 juin 2017

un souvenir persistant

- C'est de moi que tu veux savoir ta route ?
- Oui, dis-je, puisque je ne peux la trouver moi-même.
- Renonces-y ! Renonces-y ! dit-il en se détournant d'une pièce comme ceux qui veulent rire tout seuls.


Kafka, le Renoncement 

vendredi 2 juin 2017

mercredi 31 mai 2017

Elise et Lise chez Marguerite

Jeudi 1er juin à 19 heures, la Bibliothèque Marguerite Audoux (10 rue Portefoin 75003 Paris) nous fait l'immense plaisir de nous inviter, Elise et Lise, Pascal Arnaud et moi, à propos de ces deux filles en miroir, du coup je vous invite !

lundi 29 mai 2017

Un souffle sauvage

J'ai lu Un souffle sauvage, de Jérôme Lafargue. Ce n'est pas un roman – car Jérôme Lafargue, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, est un formidable romancier – c'est un récit autobiographique, plus autobiographique que narratif, d'ailleurs. Il est aussi court que l'auteur est secret. Et quand je l'ai refermé, je me suis rendu compte que je l'avais déjà lu. Je l'avais déjà lu entre les lignes de ses romans. Je l'avais déjà lue entre les lignes de ses romans, cette figure du père enracinée parmi les pins des Landes. Mais là, en lisant les lignes écrites entre les lignes, c'était bon de les avoir pour de vrai sous les yeux, les lignes entre les lignes, et ça m'a fait comme une tape discrète sur l'épaule. Et en effet je lisais assis sur un banc, sous un vieux catalpa, qui venait de laisser choir une gousse sèche sur mon épaule pour me faire signe. Et je me suis dit : on n'est jamais seul.


Cette photo, c'est le tronc du vieux catalpa. Je l'ai prise avant de m'asseoir sur le banc. Quant à Un souffle sauvage, il vient de paraître aux éditions du Sonneur.